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10 choses à connaître sur la location et le DPE F

Joséphine 24/08/2026 14:00 10 min de lecture
10 choses à connaître sur la location et le DPE F

Ce qu'il faut saisir

  • DPE F : Les logements en classe F sont considérés comme des passoires thermiques avec une consommation énergétique entre 330 et 420 kWh/m²/an.
  • Interdiction de location : La mise en location sera interdite à partir de janvier 2028 pour les biens en DPE F, selon la loi Climat et résilience.
  • Rénovation énergétique : L’isolation des combles, des murs et le remplacement du chauffage sont des leviers essentiels pour améliorer la performance énergétique.
  • Audit énergétique : Obligatoire lors de la vente, ce diagnostic identifie les travaux prioritaires pour sortir du DPE F.
  • MaPrimeRénov’ : Cette aide, combinée aux CEE, permet de financer une partie des travaux, sous réserve de faire appel à un professionnel RGE.

Vous avez acheté un bien ancien pour son charme, ses poutres apparentes, son parquet d’époque - et vous découvrez aujourd’hui qu’il figure parmi les passoires thermiques du parc immobilier français ? Vous n’êtes pas seul. De nombreux propriétaires se retrouvent confrontés à un DPE en F, synonyme de forte consommation d’énergie et d’un avenir incertain à la location. Alors, comment transformer ce défi en opportunité de valorisation durable ?

Ce qu'implique concrètement la classe énergétique F

10 choses à connaître sur la location et le DPE F

Un logement classé DPE F n’est pas simplement un peu frileux : il appartient à la catégorie des passoires thermiques, avec une consommation énergétique annuelle estimée entre 330 et 420 kWh/m²/an. À ce niveau, chaque mètre carré devient un gouffre énergétique, amplifié par des déperditions importantes, notamment par les murs, les fenêtres et le toit. Les émissions de gaz à effet de serre suivent la même courbe, s’établissant généralement entre 70 et 100 kg de CO₂/m²/an. Ces chiffres ne sont pas anodins - ils tracent les contours d’un parc immobilier en décalage avec les objectifs de décarbonation nationaux.

Pour anticiper les futures contraintes réglementaires, bien comprendre les spécificités du DPE F devient une prior priority pour tout propriétaire bailleur. Depuis 2022, les loyers sont gelés pour ces biens, empêchant toute augmentation, même modérée. En clair, un bien peu performant devient aussi un bien peu flexible sur le plan financier. Et ce n’est qu’un avant-goût des mesures à venir.

Calendrier et obligations de rénovation

La loi Climat et résilience impose un calendrier strict pour sortir les logements les plus énergivores du marché locatif. Les propriétaires ont intérêt à anticiper, car l’inaction mène droit à la vacance locative - et à la décote immobilière. Le tableau ci-dessous résume les grandes étapes en cours d’application.

🏠 Classe DPE📅 Date d'interdiction📄 Statut juridique
GDéjà interditDepuis le 25 août 2022
FJanvier 2028Interdiction de mise en location
EJanvier 2034Interdiction progressive

L'échéance fatidique de janvier 2028

À compter de janvier 2028, la location d’un bien classé F sera interdite, sauf exceptions prévues par la loi. Cette échéance n’est pas une alerte lointaine : les travaux de rénovation prennent du temps, et les délais d’obtention des aides peuvent rallonger le processus. Mieux vaut agir tôt pour éviter le rush final.

L'audit énergétique obligatoire lors de la vente

Contrairement à la location, la vente d’un bien en DPE F reste possible - mais elle s’accompagne désormais d’une obligation supplémentaire : la réalisation d’un audit énergétique réglementaire. Ce diagnostic va au-delà du DPE classique : il identifie les travaux prioritaires pour améliorer la performance thermique du logement. En pratique, cela signifie que le futur acquéreur dispose d’un plan clair pour rénover, ce qui peut influencer la négociation du prix.

Stratégies d'amélioration de la performance énergétique

Améliorer un DPE F n’est pas une quête impossible, mais elle exige une stratégie cohérente. L’objectif n’est pas de tout transformer du jour au lendemain, mais de cibler les leviers les plus efficaces en termes de gain énergétique. Deux axes dominent : l’isolation et le chauffage.

Prioriser l'isolation thermique

En moyenne, 25 % des déperditions thermiques d’un logement passent par le toit. C’est pourquoi l’isolation des combles, qu’elle soit par l’intérieur ou par l’extérieur, est souvent la première étape recommandée. Viennent ensuite les murs, particulièrement s’ils sont en pierre ou en brique non isolée. L’isolation par l’extérieur (ITE) est coûteuse mais très efficace, surtout en zone ancienne. Elle préserve l’espace intérieur et améliore l’inertie thermique. Enfin, les planchers bas (sur caves ou vide-sanitaire) représentent aussi une source de fuites non négligeable.

Un mot de mise en garde : isoler sans renouveler le système de ventilation revient à emprisonner l’humidité. Une VMC double flux est donc un complément quasi indispensable, surtout dans les logements anciens où l’air vicié stagne souvent.

Concernant le chauffage, remplacer une vieille chaudière au fioul ou au gaz par une pompe à chaleur (PAC air-eau ou eau-eau) permet non seulement de réduire la consommation, mais aussi de s’affranchir progressivement des énergies fossiles. Ce changement entre pleinement dans la logique de décarbonation du chauffage, un enjeu central de la transition énergétique.

Financement et accompagnement des propriétaires

Le coût des travaux freine souvent les décisions. Pourtant, plusieurs leviers existent pour alléger la facture et sécuriser le projet. Voici les points clés à ne pas négliger.

Le recours indispensable aux professionnels RGE

Faire appel à un artisan Reconnu Garant de l’Environnement (RGE) n’est pas une simple formalité : c’est une condition sine qua non pour bénéficier des aides publiques. Ce label garantit que le professionnel maîtrise les techniques de rénovation performante et respecte les cahiers des charges requis. En cas de doute, mieux vaut vérifier la certification sur le site officiel RGE.

Dispositifs d'aides : MaPrimeRénov' et CEE

Les aides sont nombreuses, mais leur accumulation nécessite une certaine rigueur. MaPrimeRénov’, gérée par l’Anah, s’adapte aux revenus du propriétaire. Pour les ménages modestes, elle peut couvrir jusqu’à 90 % des coûts. Par ailleurs, les certificats d’économies d’énergie (CEE), aussi appelés « primes énergie », sont versés par les fournisseurs d’énergie et peuvent prendre la forme de chèques ou de réductions sur la facture. Leur montant varie selon les travaux réalisés.

Cas particuliers des copropriétés

En copropriété, la donne est plus complexe. Si l’assemblée générale refuse les travaux, le propriétaire peut être exonéré temporairement de son obligation de rénovation, sous certaines conditions. De même, les bâtiments classés ou situés en secteur sauvegardé peuvent bénéficier de dérogations pour des raisons patrimoniales. Le nouveau DPE intègre désormais mieux ces spécificités, notamment pour les petits logements comme les studios, dont la performance était pénalisée par des seuils inadaptés.

Pour réussir sa transition, voici les cinq étapes clés à suivre :

  • 🗂️ Réaliser un diagnostic de performance énergétique (DPE) complet
  • 📊 Commander un audit énergétique pour prioriser les travaux
  • 💰 Élaborer un plan de financement croisant MaPrimeRénov’, CEE et autres aides
  • 👨‍🔧 Choisir un professionnel RGE certifié pour exécuter les travaux
  • 📋 Assurer le suivi et la documentation pour maintenir l’éligibilité aux subventions

Un accompagnement global, intégré sans surcoût dans certains programmes, peut faire la différence entre un chantier bien mené et une succession de déconvenues. Ce n’est pas une dépense, c’est un investissement dans la valorisation du patrimoine immobilier.

Questions usuelles

J'ai rénové mon studio mais le DPE reste bas, est-ce normal ?

Oui, cela peut être normal. Les petits logements, comme les studios, sont pénalisés par des seuils de notation qui ne tiennent pas toujours compte de leur taille. Le nouveau DPE intègre désormais des ajustements pour mieux évaluer ces surfaces, mais les écarts persistent selon les méthodes de calcul.

Est-il plus rentable de vendre ou de rénover avant 2028 ?

En général, rénover s’avère plus rentable à long terme. Un bien rénové voit sa valeur augmenter, tandis qu’une passoire thermique subit une décote croissante. Après travaux, le loyer peut être réévalué, et la vacance locative diminue. Vendre maintenant risque de se faire à prix bradé.

Puis-je louer en meublé touristique pour contourner l'interdiction ?

Techniquement, la réglementation sur les locations classiques ne s’applique pas aux meublés de tourisme. Cependant, des mesures sont en discussion pour limiter cette dérogation, surtout dans les zones tendues. Compter sur ce levier comporte donc un risque juridique à moyen terme.

Quelle est l'erreur à ne pas faire lors de l'isolation des murs ?

L’erreur la plus fréquente est d’isoler les murs sans repenser la ventilation. Cela entraîne une accumulation d’humidité, des moisissures, et un inconfort accru. Une isolation performante doit toujours être accompagnée d’un système de ventilation adapté, comme une VMC double flux.

Que faire si mon locataire refuse l'accès pour les travaux ?

Le bailleur a le droit d’entreprendre des travaux de rénovation énergétique, même en cours de bail. Il doit toutefois respecter un préavis raisonnable et planifier les interventions avec le locataire. En cas de refus abusif, une médiation ou une action en justice peut être envisagée, mais le dialogue reste la meilleure voie.

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